Un canapé peut être un lieu où l’on écoute de la musique, regarde un film, lit un livre, dort, échange quelques mots ou, tout simplement, enrichit un espace. Un canapé peut être conçu autour de l’un de ces usages, et beaucoup le sont.
Celui-ci, pourtant, est né d’une autre idée : demeurer à sa place, hors du temps.
Nous voulions dépasser une époque dominée par le jetable. Aujourd’hui, nous parlerions sans doute de durabilité.
Pour qu’un canapé puisse accompagner son propriétaire pendant 10, 50, voire 100 ans, il doit avant tout posséder un dessin dont on ne se lasse pas. Parce que chacun utilise un canapé à sa manière, il doit également être polyvalent plutôt que pensé pour un usage unique. Ses matériaux doivent offrir une durabilité exceptionnelle. Sa fabrication ne peut reposer sur la production de masse, mais sur un savoir-faire attentif et exigeant. Et surtout, il doit posséder une dignité capable de traverser les années.
Pourtant, bien qu’il ait été le cinquième canapé que j’aie jamais dessiné, plus de vingt années se sont écoulées avant qu’il puisse enfin entrer en production.
Simple, mais extraordinairement durable. À bien y réfléchir, c’est peut-être cela, le canapé ultime.
Le véritable défi était de trouver les artisans capables de lui donner vie. Sa réalisation n’était pas possible au Japon. Mais la rencontre avec un petit atelier italien d’exception a finalement permis de concrétiser ce projet.
Aujourd’hui, je me trouve enfin face à un moment que j’attends depuis très longtemps.
Parmi les plus de cent canapés que j’ai dessinés, le cinquième était resté comme un espace vide dans la suite. Ce vide est désormais comblé.
Vingt ans de gestation.
Je ne dévoilerai pas tous ses secrets, mais ce canapé renferme d’innombrables idées et innovations, toutes pensées pour lui permettre de transcender le temps. C’est peut-être pour cela qu’il dégage une indéniable impression de raffinement.
Conçu pendant plus de vingt ans, créé pour transcender le temps.
Le canapé suprême, « 5 », est enfin arrivé.